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Débat politique sur la Propreté publique
Nekkersdal a organisé le 5 septembre dernier un débat politique sur la propreté à Laeken, avec la collaboration du KWB Laken et de Bruxelles-Saleté.
Bruxelles-Saleté a débuté la soirée par la projection d’un film à l’humour noir, accompagné au piano par Hans Wellens. Ce film avait pour objectif de montrer les contrastes entre les atouts et la beauté potentielle de Laeken d’une part et l’état général et la saleté d’autre part. Tous les intervenants partageaient le constat posé par Bruxelles-Saleté : Bruxelles est sale, voire très sale. Seule Carine Vyghen (RB) semble considérer que les problèmes de propreté et d’insécurité dans les quartiers sont surestimés. Réaction étonnante quand on sait que c’est le RB qui a réagi de la manière la plus virulente au questionnaire envoyé par Bruxelles-Saleté aux partis politiques démocratiques : « Laeken est terriblement sale, ce qui est une véritable honte non seulement pour ses habitants mais également en regard de son statut européen et de résidence royale, ce qui attire aussi des visiteurs étrangers. »
L’échevin de la Propreté publique, M. Bertin Mampaka, était interrogé par Dirk Volckaerts, rédacteur en chef de Brussel Deze Week. Son intervention était honnête, il n’a pas prétendu que son cabinet avait réussi à accomplir des miracles au cours de cette législature. L’un des points noirs du fonctionnement des services de la Propreté est que les brigadiers responsables des dix-sept dépôts de la Ville quittent rarement leur bureau et n’ont donc pas une approche de terrain, ce qu’il s’est efforcé de corriger au cours de son mandat. Son prédécesseur, M. Georges Dallemagne, a créé le service de médiation (088/901 07). La collaboration entre la Ville et la Région s’est nettement améliorée depuis l’entrée en fonction d’Emir Kir, mais n’est pas optimale pour autant. La répartition des compétences entre les deux niveaux pose de gros problèmes. La commune de Bruxelles-Ville est complexe : le centre historique requiert une approche différente de quartiers plus résidentiels.
Geert Pierre, membre des services Propreté de la commune de Schaerbeek, a fait une intervention fort intéressante. Schaerbeek, commune voisine de Laeken, a en effet un profil socio-économique similaire, avec des quartiers plus populaires dans le bas et des quartiers plus résidentiels dans le haut. Le Collège avait fixé la propreté comme LA priorité de cette législature et a mis les moyens en œuvre pour réaliser cet objectif. Le service de la Propreté a été totalement repensé et restructuré. La commune a été divisée en cinq zones, selon leurs spécificités, leurs problèmes. Chacune de ces zones est devenue le « territoire » d’un service de la propreté qui y applique des mesures spécifiques. La communication vis-à-vis des habitants est sans ambiguïté : la commune a adopté une politique de tolérance-zéro vis-à-vis des actes de malpropreté. Depuis plus de quatre ans, elle perçoit des taxes communales pour les infractions et n’a donc pas attendu les amendes administratives pour mettre en place des sanctions efficaces. La communication avec la zone de police Nord n’a pas toujours été évidente, mais elle s’améliore. La médiatisation des actions contre les urineurs, les dépôts clandestins etc. assure la publicité des actions entreprises. Le service organise régulièrement des formations pour son personnel. Les supérieurs soutiennent les ouvriers et les balayeurs se sentent pris en considération. La répression n’est pas un but en soi, mais elle est un élément indispensable pour que le sentiment de frustration ne pèse plus sur celui qui nettoie mais bien sur celui qui salit, comme il se doit.
Premier débat : que désire le Bruxellois ?
Piet Calcoen (KWB) La malpropreté est la plainte la plus fréquemment invoquée par les habitants et les visiteurs de Bruxelles. On semble considérer que les quartiers plus pauvres ne méritent pas d’être propres, ce qui témoigne d’un manque de respect. Comme c’est le cas pour les firmes privées, les services de la Propreté publique devraient faire l’objet d’un audimat et devraient être réorganisés en conséquence. Il faudrait également valoriser le salaire et le statut des travailleurs de ces services.
Reza Zaer (Bruxelles-Saleté) Laeken rassemble des habitants de cultures très diverses sur son territoire, qui n’ont pas toutes la même perception de la nécessité de la propreté de l’espace public. Il faut que la communication soit adaptée à ces différents groupes de population. Une communication standardisée, sous forme de brochure, atterrit souvent dans la poubelle.
Marie Nagy (ECOLO) Une habitude de la saleté s’est installée à Bruxelles. De nombreuses personnes considèrent qu’il est normal de sortir sa poubelle en dehors des heures, de jeter un papier dans la rue, etc. Cette tendance doit s’inverser. Le Collège doit considérer la propreté comme une priorité et formuler des objectifs clairs. Le service doit être réorganisé.
La Ville se plaint d’un manque de moyens (v. Jean De Hertogh). La Région a pourtant concédé des moyens supplémentaires à Bruxelles-Ville. Les moyens actuels devraient permettre de voir un résultat.
Jean De Hertogh (CD&V) Une ville propre coûte très cher. Il faut percevoir davantage d’amendes pour les incivilités. L’éducation des enfants laisse à désirer. Marie Nagy a la mémoire courte, puisque le précédent échevin de la propreté faisait partie du groupe ECOLO.
Deuxième débat : Quels sont les objectifs des différents partis en matière de propreté ?
Carine Vyghen (RB) Le personnel et les policiers font ce qu’ils peuvent, mais souffrent d’une mauvaise organisation.
La coalition actuelle focalise son attention sur l’organisation d’événements festifs très coûteux, qui mobilisent le personnel de la Ville. Pourquoi la Ville veut-elle financer ces événements, quand on sait que certaines fêtes (comme la Fête de la Musique) sont parrainées par des partenaires privés ? Les asbl mises en place par la Ville sont trop nombreuses, coûteuses, inefficaces et incontrôlables. Les stewards de l’asbl BRAVVO ont pour mission de veiller à la prévention, pas à la propreté (Bruxelles-Saleté croit se souvenir que Mme Vyghen est à l’origine de la création de bon nombre de ces asbl).
Julien Meganck (VLD) Davantage de compétences doivent passer de la Région aux communes. La sensibilisation doit s’adresser non seulement aux enfants, mais aussi aux adultes.
Marie-Paule Quix (Spirit) Insiste sur la mauvaise organisation du service de la Propreté publique et sur le manque de communication et de concertation entre les différents niveaux. Il faut mettre fin au sentiment d’impunité. Les brochures n’atteignent pas tous les habitants. Il faut aller à la rencontre des gens.
Didier Wauters (cdH) Il faut réaliser un audit du service de la Propreté publique et envisager sa réorganisation. Le prochain Collège doit définir clairement ses priorités et surtout veiller à ce que les différents cabinets collaborent, pour éviter les situations absurdes que nous connaissons (les ouvriers des Espaces verts déplacent la saleté quelques mètres plus loin, sur le périmètre des ouvriers de la Propreté, et vice-versa). Quelle que soit la prochaine coalition, il faut qu’elle améliorer la collaboration et la solidarité au sein du Collège. L’éducation à la propreté ne doit pas se limiter aux écoles primaires, mais s’adresser également aux adolescents et aux adultes. Il faut actionner le bâton des amendes administratives pour mettre fin au sentiment d’impunité.
Conclusions
L’ensemble des orateurs présents se rejoignent sur la nécessité de la répression (via les amendes administratives) pour mener une politique efficace en matière de Propreté publique. Une réorganisation en profondeur des services de la propreté s’impose, pas des « mesurettes ». Le prochain Collège doit faire de la propreté l’une de ses priorités, et pas un échevinat empoisonné. Les cabinets doivent améliorer leur collaboration. Le nouveau service de la Propreté publique doit être restructuré et doit travailler de manière plus pragmatique (certains quartiers, certaines rues, certains pollueurs, doivent faire l’objet d’une approche spécifique).
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