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Plan quinquennal de la propreté
09-07- 2005 Soixante millions d'euros en plus en 5 ans pour éradiquer la saleté. Une répression des fraudes systématique dès 2007. Les résultats du plan seront évalués tous les six mois.
Le secrétaire d'Etat Emir Kir (PS) ne promet pas la lune mais un plan quinquennal (2005-2010). Un plan susceptible de faire de Bruxelles une ville propre, grâce à des objectifs précis, une hausse budgétaire et surtout une collaboration avec les communes.
Ce n'est pas la première fois que la Région tente d'améliorer sensiblement l'état de propreté de nos rues. Jusqu'à présent avec un succès mitigé. Et puis, communes et Région ne collaborent pas toujours... ou se rejettent la responsabilité de la saleté.
Pragmatique, Emir Kir ne se contente pas d'un catalogue de bonnes intentions. Son plan est chiffré et gradué. D'abord, on investit dans l'information, le matériel et les hommes (une centaine d'engagements). Puis viendra le couperet de la répression (dès 2007). Au total, en plus du budget spécifique de 90 millions d'euros par an en 2005, Emir Kir se propose d'injecter 60 millions sur cinq ans dans la propreté. Les deux tiers de cette somme iront à l'ABP (Agence Bruxelles Propreté, qui s'occupe du ramassage des poubelles). Le reste sera dévolu aux communes bruxelloises (contrats de propreté).
Mais avant tout, il faut communiquer et faire passer le message dans le grand public : par des affiches, des spots radio et télé, des dépliants, des encarts dans la presse écrite. Avec des cibles privilégiées : les enfants, les commerçants et les organisateurs d'événements (en leur proposant des contrats de services pour l'élimination des déchets).
Emir Kir entend aussi augmenter les cadences de nettoyage. Y compris les week-ends et jours fériés. Il envisage même une cadence quotidienne dans les endroits les plus fréquentés. Quant à la lutte contre les dépôts clandestins, à défaut de formule miracle, il y a une identification claire des problèmes : le nombre des dépôts sauvages est élevé partout où la population est mouvante. Ailleurs, la problématique est un peu moins sérieuse (déchets importés de Régions où le sac n'est pas payant). Pour agir avec efficacité, le secrétaire d'Etat compte sur la collaboration avec les communes (opérations mixtes). Il entend d'ailleurs, de façon systématique, coordonner les services communaux et ceux de l'APB. Enfin, 32 « zones vitrines » (abords des gares, grands boulevards) seront sélectionnées et bénéficieront d'une « propreté totale ». Ajoutons l'homogénéisation des corbeilles régionales (il y en a 3.500) dont le nombre augmente de 700 unités. L'unification des poubelles communales (plus de 13.000) viendra plus tard.
Réussira, réussira pas ? Le plan Kir sera mesuré, grâce à un baromètre semestriel (une enquête faite auprès d'un échantillon représentatif de la population) et à des contrôles conjoints avec les communes, grâce à la création d'équipes mixtes.
On l'a dit, Emir Kir mise sur la collaboration des communes pour tenir sa gageure. Parmi les mesures prises, il y en a une qui les concerne directement : le subside octroyé dans le cadre des contrats de propreté. Le secrétaire d'Etat se propose d'en augmenter sensiblement le montant (500.000 euros en plus). Il a en outre mis au point une réforme radicale de sa distribution entre les 19 communes.
Jusqu'à présent, la clef de répartition ne tenait compte que de deux paramètres : la densité de population et la longueur des voiries. Dorénavant, on tiendra mieux compte des réalités. Emir Kir fait intervenir d'autres critères : le nombre d'emplois, l'activité économique génératrice de déchets et de salissures, le nombre de navetteurs, le revenu moyen, le nombre de personnes émergeant au CPAS, le rapport locataires/propriétaires, le recours au marché de seconde main, typique des quartiers les plus défavorisés, etc.
Avec cette nouvelle pondération (les communes ne la connaissent pas encore), le flux des subsides bascule complètement. Les entités pauvres ou du centre (dont Bruxelles-Ville) bénéficient de façon flagrante de la manne régionale. Par contre, les communes riches et résidentielles trinquent (- 17 % à Auderghem). Certains ne manqueront pas d'y voir une malice politique du secrétaire d'Etat PS qui pénalise les communes riches (votant MR) mais favorise les communes pauvres (réputées socialistes). Emir Kir se défend de tout calcul machiavélique : Cette nouvelle pondération traduit au mieux les besoins réels et pallie les inégalités. Mon seul et unique objectif, c'est de nettoyer là où c'est sale.
Pas sûr que tous les mayeurs aient la même lecture...
FRANÇOIS ROBERT, Le Soir
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